Rencontre avec Jean Morin, constructeur de «l’Eclair19 » 

 

 

 

 

 

 

C’est à Pessac, où il habite, que Jean Morin, bien qu’un peu étonné par notre intérêt pour sa dernière production, le fameux ECLAIR 19, a gentiment accepté de nous recevoir, Jean Cléroux et moi.

D’emblée il nous parle de son parcours professionnel.

 

-        J’ai commencé à travailler à l’âge de 14 ans après avoir obtenu le certificat d’études primaires : il ne fallait pas faire de fautes d’orthographe et savoir compter pour y être admis.

Puis, à 17 ans, j’ai obtenu mon CAP d’ébéniste.

 

Son père met alors à sa disposition un atelier à Bordeaux où, après quelques tentatives diverses, il finira par construire des volets roulants. Il a observé qu’une demande existait dans ce domaine. Et ça marche !

Pourtant un jour, un représentant de colle à bois le met au défi de construire un bateau.  

 

-        Je saute sur l’occasion. Je suis un passionné !

Et je fais la connaissance d’Eugène Cornu qui m’envoie les plans du « Mousse » qu’il avait dessiné en 1952 et dont les premiers exemplaires avaient déjà été réalisés par un ébéniste comme moi. Il est vrai que nous sommes plus « fins » que les charpentiers de marine. Nous connaissons parfaitement les différentes essences de bois, la façon de les travailler, etc…

            Et j’entreprends, seul, la construction du « Mousse ».

 

 Un « Mousse »

 

Pour la saveur de l’anecdote, il ajoute :

 

-        Mais au moment de fabriquer le mât (5 mètres de long) je me suis aperçu que mon atelier était trop petit ! Et j’ai dû, avec l’accord de mon voisin,  percer le mur mitoyen pour pouvoir usiner le mât à la toupie.

            J’ai donc obligé de quitter Bordeaux pour Pessac où j’ai construit un hangar sur un             bout de terrain cédé par mon père.

           

Dans un espace mieux adapté, Jean Morin développe ses productions. Il  passe à la fabrication du « Corsaire » de l’architecte Herbulot. Il en fait 1500 exemplaires qu’il vend aux plaisanciers du bassin d’Arcachon, mais aussi à l’étranger.

 

C’est à cette époque que parallèlement Lanaverrre révolutionne le bateau de plaisance en sortant le 420, premier voilier en polyester.

 

Mais le véritable bouleversement dans la vie de Jean Morin,  c’est sa rencontre en 1963, avec André Cornu (le neveu d’Eugène). Celui-là, qui le croit architecte (et il ne dément pas !)
lui confie alors sans hésiter la fabrication du « 470 » pour combler le manque de proposition commerciale entre de 420 et le 505.

Et Jean Morin saura utiliser ses qualités d’ébéniste pour réaliser le moule du 470. C’est une nouvelle étape.

 

-        J’avais, cette fois, changé de métier !

Il est vrai que je ne souhaitais pas rester artisan toute ma vie. J’avais une âme d’aventurier, même si je ne suis pas moi-même un navigateur. (J’ai commencé à naviguer à 37 ans, et je n’étais qu’équipier. Mais je me sentais à l’aise au trapèze).

          

            Même si ce n’était pas plaisant de passer du  bois au « plastique », la construction des      nouveaux bateaux, dessinés en forme, se prêtait bien à l’utilisation de ce nouveau             matériau. A mon grand regret, je l’avoue !

                   

Au Foc avec Jean-Claude Cornu                       Au trapéze sur 470 avec Jean-Claude Cornu

 

 La vie pour lui n’est plus la même. Le « 470 » est exposé, en 1963, au salon nautique de Paris, Porte de Versailles, puis au CNIT.

Maintenant devenu industriel, il doit diversifier sa production. Et, toujours en collaboration avec André Cornu, il met au point l’ECLAIR 19, concurrent du   « Corsaire », mais en version polyester, cette fois.

 

Il n’a plus en tête  le nombre d’ECLAIR 19 construits dans ses ateliers, mais le dernier sortira du chantier en 1976.

 

En guise de conclusion Jean Morin reste modeste :

 

-        Qu’est-ce qu’un bateau, en réalité ? Une coque et une voile. C’est l’art du barreur qui compte. Il suffit qu’il dirige les voiles comme il faut.

J’ai eu beaucoup de chance dans la vie, et d’abord une épouse merveilleuse qui m’a secondé, et tout au long de ma carrière, car j’ai plusieurs fois changé de métier !

Il se trouve que l’exercice de la profession de constructeur de bateaux est soumis à la saisonnalité.

C’est un métier ingrat : il faut stocker pendant huit mois par an, et les banques ne suivent pas toujours.

 

De plus, fin 1976, a conjoncture change : la guerre du Kippour provoque une augmentation des matières premières, les grèves diverses etc…

C’est alors qu’opportunément, Yachting France, constructeur à La Teste sur le bassin d’Arcachon, leur fait une proposition d’achat à Lavanerre et lui-même.

 

-        Nous avons saisi cette opportunité !

La société Yachting France était une filiale de « Dubigeon Normandie » qui a déposé le bilan quelques années plus tard.

            

 

               L’ensemble des bateaux crées par Jean Morin

 

D’autres aventures ont égrené sa vie. Et dans d’autres domaines. Il est même devenu promoteur immobilier ( toujours dans le loisir d’ailleurs nous fait-il remarque, à la montagne cette fois : St Lary et Piau Engaly).

Mais toujours on sent toujours chez lui un retour mental vers sa passion pour les bateaux.

 

-        Maintenant je suis retraité et j’ai découvert que je suis devenu casanier : je bricole dans un petit atelier, et surtout j’ai la passion de la chasse.

Il nous précise :

Pas pour le coup de fusil, non !

Pour les bois, la nature et surtout… la présence de mon chien. Quel plaisir de le voir travailler à la recherche d’une odeur de gibier puis…… cet arrêt si spectaculaire.

 

 

 

Nous quittons Jean Morin sous le charme de notre rencontre.
Les données qu’il nous manque sur l’ECLAIR 19, il nous les a promises. Il a pris contact devant nous, par téléphone, avec Jean-Claude, son ami, le fils d’André Cornu qui possède des archives.

 

Et nous les attendons pour les mettre sur le blog.

 

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